Style

05 janvier 2024

Giorgio B. par Giorgio Bulgari, la haute joaillerie en héritage

Giorgio Bulgari s’impose en haute joaillerie avec Giorgio B. Bon sang ne saurait mentir…

Par Sandrine Merle.

 

 

En 2023, le monde entier découvre le nom de Giorgio B. quand Sharon Stone apparaît portant ses boucles d’oreilles lors d’une soirée aux Oscars. De magnifiques et gigantesques boucles d’oreilles en forme de palme, qui s’imposent alors comme sa signature et se retrouvent (avec bagues et colliers de la même collection) dans des boutiques comme Dover Street Market. « Il s’agit de la réinterprétation d’une palme découverte dans un ouvrage du XIXe siècle », explique le fondateur Giorgio Bulgari. Aujourd’hui, le succès de cette collection a cependant tendance à occulter la spécialité de Giorgio Bulgari : la pièce unique.

 

L’héritage Bulgari

Giorgio Bulgari signe ses bijoux Giorgio B. car oui, il appartient bien à la famille Bulgari, maison d’origine italienne aujourd’hui propriété du groupe LVMH. Il représente la quatrième génération de cette dynastie : il est l’arrière-petit-fils du fondateur, Sotirio. Il a baigné dans cet univers très jeune car son père, Gianni, a co-dirigé la maison jusqu’à la fin des années 1970 avec sa cousine Marina Bulgari (fondatrice quelques années plus tard de la marque Marina B.). C’est Gianni qui, dans les années 70, déclenche l’internationalisation en ouvrant des boutiques à New-York, Paris, etc.

 

L’art de la pièce unique

En 2003, après quelques années passées dans la finance à New York, Giorgio rejoint son père (qui a quitté Bulgari) dans la société de montres fondée par ce dernier : Enigma. Puis il devient le directeur artistique de Marina B. En 2017, il y a à peine 5 ans, il décide de lancer sa propre marque basée sur la création de pièces uniques, des commandes spéciales pour des clients particuliers. Elles sont sa spécialité, l’essence de son métier. « J’aime ces nombreux échanges avec chacun d’entre eux notamment autour de l’histoire de l’art et la recherche de la pierre. Cela s’apparente à un véritable voyage qui peut parfois durer plus d’un an… » En cela, il renoue avec la façon de travailler de son grand-père dans les années 40-50.

 

Un style typiquement italien

Ses pièces uniques, sans contrainte de prix, sont emblématiques de son style, très italien. Les bijoux Giorgio B. sont imposants, massifs et tout en rondeur. Aucune fioriture ne vient troubler les lignes tendues, les formes parfaitement épurées. La pierre est maintenue en tension entre deux folioles lamelliformes d’or. Et Giorgio n’utilise quasiment que de l’or rose. Dans le plus pur style italien, il joue avec les textures, le brossé vs le poli miroir. Et il raffole des nouveaux matériaux généralement réservés à l’art comme le bronze. En se patinant, le métal renforce le caractère unique du design et des pierres. L’héritage n’explique pas tout, Giorgio Bulgari déploie une créativité très personnelle.

Articles les plus lus

Emmanuel Tarpin, joaillier des ombres et lumières

Emmanuel Tarpin n’a pas cherché à faire écho aux magnifiques orchidées de Tiffany & CO. ou à celles de René Lalique, réalisées il y a plus d’un...

Anna Hu, la technicité d’une haute joaillerie Made in France

Les bijoux de la créatrice Anna Hu sont aussi beaux que spectaculaires. Ils sont aussi très techniques… Pour elle, les faire fabriquer à Paris s’est...

René Boivin et Suzanne Belperron, les inséparables

Les gardiens du temple de René Boivin et Suzanne Belperron incarnent aujourd’hui le rapprochement de ces deux maisons qui, l’une sans l’autre, ne...

Défilés Spring/Summer 24, obsession bijou

Le bijou couture fait son grand retour. Passage en revue des spécimens les plus surprenants des défilés Printemps/Été 2024.

Simone Rocha, une perle rare

Simone Rocha maîtrise la brillance du cristal et de la perle à la perfection car elle sait les doser en fonction de leur indice de réfraction, à savoir...

René Boivin dans les années 80-90

C’est la maison René Boivin qui, dans les années 80-90, inspire les joailliers car c’est elle qui a posé les bases de ce style dès les années 20.