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23 mars 2022

L’exposition « Machu Picchu et les trésors du Pérou », l’évènement à la Cité de l’Architecture

Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de visiter le Machu Picchu et le musée Larco, les voilà qui viennent à vous. On y découvre 192 objets archéologiques (tous appartenant à la collection du musée Larco), dont 90 bijoux spectaculaires. Gros plan sur ces derniers.

Par Sandrine Merle.

 

 

Cette exposition est un évènement, elle est comparable à celles consacrées aux trésors de Toutankhamon. Grâce à la réalité virtuelle, elle nous transporte dans 3 000 ans d’histoire, immergé dans l’ancien Pérou des cultures pré-incas Chavin, Mochica, Chimu, Nasca, etc. Tout s’articule autour du symbole du Machu Picchu, site fabuleux construit vers 1450 par les Incas, leurs héritiers : assis dans un fauteuil équipé de fonctions de stimulation multi-sensorielles, de casques et de diffuseurs de parfums, on survole et on s’approche des vestiges au plus près. C’est comme si on y était ! On est ébloui par la splendeur, la grandeur, la démesure, les prouesses techniques et l’environnement verdoyant. Il s’agit d’une opportunité inédite, sachant que l’accès au site est désormais limité à 250 000 personnes par an. J’ai eu la chance d’aller au Machu Picchu et pourtant je ne l’ai pas vu comme ça !

 

 

Exposition à effets, l’archéologie rencontre la technologie

Cette « téléportation » au Machu Picchu, réalisée grâce à un ensemble ultramoderne de technologie, d’imagerie, de dispositifs haptiques et animés, donne le ton de la scénographie. Pour mieux vous aider à comprendre ces civilisations complexes de l’ancien Pérou, on vous enveloppe de sons, des bruissements de la jungle luxuriante sous les pluies diluviennes, des cris du jaguar, d’odeurs, de projections visuelles montrant les rituels, les divinités et les héros mythologiques. On découvre les aventures surnaturelles du dieu Ai Apaec parti en mission depuis cette terre à la recherche du Soleil qui disparaît dans les profondeurs de l’océan. Il doit affronter de dangereux adversaires pour acquérir leurs pouvoirs : il se transforme en oursin, en poisson, en crabe (l’ornement de nez est superbe) pour sauver le soleil des ténèbres et lui permettre d’assurer à nouveau la subsistance de sa communauté.  se transformant. Les 192 objets réels, céramiques au réalisme surprenant (une salle est dédiée aux érotiques), textiles magnifiques comme l’étendard en plumes, vaisselle et bijoux se mêlent aux objets en 3D. Le visiteur peut aussi participer à un escape game en utilisant les éléments réels de la Cité de l’architecture et les objets de l’exposition pour gagner un bijou en or Motché (marque française de Carole Fraresso co-commissaire de l’exposition et experte en art précolombien) mettant en valeur les savoir-faire joailliers péruviens. Créer des émotions, donner du sens… Tout est ludique, tout est expérience.

 

L’acmé de l’exposition, les bijoux funéraires

Dans ma salle préférée, la « salle des ancêtres », les impressionnants bijoux que j’ai vu au musée Larco, il y a quelques années. sont placés sur des ombres mystérieuses ressuscitant les dignitaires de l’ancien Pérou. Les pectoraux, les ornements de nez incroyablement modernes, les parures de tête démesurément hautes semblent tenir comme par magie… « Ces ornements n’étaient pas portés au quotidien : insignes de pouvoir, ces parures étincelantes et sonores servaient aux dignitaires à éblouir et à impressionner lors de cérémonies. Ainsi prêtres, prêtresses et leaders politiques apparaissaient tout en haut du temple, ébouissants à l’image des dieux. Ces bijoux paraient aussi les morts afin de faciliter leur voyage dans le monde des ancêtres. Voilà pourquoi on les a tous découverts dans des tombes royales », explique Carole Fraresso. Tout fonctionne en réseaux de symboles… L’or, astre diurne, symbolise le Soleil qui évoque les divinités masculines. L’argent, astre nocturne, symbolise la Lune qui évoque les divinités féminines de la mer et associées à la fertilité de la terre-mère Pachamama. Le cuivre, métal oxydable, évoque la transformation et rappelle les mortels tandis que sa couleur rouge est liée au sang des sacrifiés.

 

La virtuosité joaillière

De par leur beauté, ces bijoux rivalisent avec les pièces trouvées dans les tombeaux scythes ou égyptiens. De par leur technique aussi : au Pérou, les artisans ne recourent pas à la fonte de l’or pour obtenir un objet moulé, ils utilisent la déformation plastique par martelage. Ce qui permet de réaliser des objets imposants et légers à la fois, tout en économisant la matière précieuse. Ils excellent dans les dorures et maîtrisent parfaitement les alliages pour obtenir des teintes plus ou moins dorées, rosées. Des 10 dynasties précolombiennes, il ne subsiste qu’un seul trousseau complet, de culture Chimu (1100 – 1470 apr. J.-C.). Prenons seulement le pectoral pour témoigner de cette virtuosité : il est formé d’une feuille d’or d’une finesse extrême de l’ordre du micron et qui n’excède jamais le millimètre. La régularité du travail de la tôle mince, dépourvue de toute micro fissure est tout aussi extraordinaire. « Il a été réalisé sans laminoire, avec des marteaux en pierre de différentes formes et poids, à la seule maîtrise technique des gestes de l’artisan. Cela serait impossible à réaliser aujourd’hui », précise Carole Fraresso.

 

Cette exposition, un voyage inoubliable, est à prolonger par un autre, en chair et en os, d’une dizaine de jours au Pérou. Carole Fraresso a en effet imaginé une immersion exclusive avec TFJP au Machu Picchu bien sûr, dans les musées exceptionnels du pays avec des spécialistes ainsi que des visites dans des ateliers d’artisans perpétuant la tradition joaillière. Avis aux amateurs : nous partons en octobre prochain ! Cliquez ici.

 

L’exposition « Machu Picchu et les trésors du Pérou », l’évènement à la Cité de l’Architecture, du 16 avril au 4 septembre 2022

 

Image en bannière : Coiffe frontale, culture Mochica – 100-800 après J.-C. © Musée Larco, Lima-Pérou

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